La légende raconte que le village de Collias a été fondé par des navigateurs et commerçants grecs venus de l'Attique qui, en remontant le Gardon, se sont arrêtés devant ce site qui leur rappelait fortement les rives du golfe Saronique.
A cet endroit, semblable au cap Colias qui protège Athènes, ils trouvèrent un promontoire baigné par les eaux du Gardon et de l'Alzon, image simple et douce, souvenir de leur patrie lointaine.
Ils s'établirent et appelèrent le lieu "KOAIAS", Collias. Ces grecs, fidèles à leur rôle de diffuseurs de l'olivier, auraient planté ou plutôt greffé un olivier sur l'oléastre indigène et créé le plant de Collias, l'autre nom de la picholine.
L'origine du mot picholine tient lui aussi de la légende : jusqu'au milieu du XVIIIème siècle, l'amertume des olives de table était enlevée soit par fermentation, soit par l'emploi de cendres de bois (contenant de la potasse). L'origine du mot picholine vient du nom des frères Piccolini (ou Picholini) qui à Saint Chamas (Bouches du Rhône) ont créé à la fin du XVIIIème siècle une méthode "moderne" de préparation des olives vertes. Cette préparation "à la picholine", du nom de ses créateurs, a été très appliquée à la variété dont les plus anciennes souches, les "Plant de Collias ou Colasses" se trouvaient ... à Collias ! Le nom de la préparation a pris le pas sur la variété, pour l'effacer totalement de nos jours.
Aujourd'hui préparée en saumure, la Picholine ainsi adoucie présente une forme allongée, un noyau long et mince, une chair abondante, une belle couleur verte, un craquant et une saveur inégalables, qui en font un élément incontournable de tout apéritif nîmois digne de ce nom. Quel que soit le degré de véracité de ces histoires, tenaces dans les esprits, il n'en reste pas moins une certitude : la picholine est notre variété reine, originaire de ce charmant petit village aux portes de Nîmes.
A Collias on peut découvrir les vestiges de plusieurs anciens moulins, dont le Moulin sur l'Alzon : une cascade vient buter sur l'ancien pont romain et la petite retenue d'eau sur l'Alzon faisait tourner la meule d'un moulin. L'été le moulin écrasait les céréales pour en faire la farine destinée à la nourriture des animaux; dès novembre il se transformait en moulin à huile.
L'huile d'olive, "la Coiassoise", était alors la richesse du village. Actuellement, Collias est d'abord une commune profondément rurale, qui abrite une quinzaine d'exploitations agricoles, avec la culture de la vigne, des cerisiers, de l'olivier, de l'asperge et des abricots, mais aussi de nombreux commerces et une offre gastronomique et d'hébergement réputée.
Uzès est à deux pas de Collias, découvrez cette charmante cité médiévale.